Pourquoi… Parce qu'avant d'être producteur, Olivier est avant tout musicien et compositeur. Et comme tout compositeur digne de ce nom, il a toujours des petites notes qui lui trottent dans la tête. Des lalala, des yéyéyé, des zimbadatchhzaktchayouïïzktzhkatch surtout, parce qu'Olivier aime bien les bidouilles, les arrangements à niveaux multiples, et toute cette sorte de petites choses rigolotes qu'on peut faire tout seul comme si on était plein (quoiqu'on puisse parfois l'être en même temps). Et puis, il y a bien longtemps maintenant, Olivier était compositeur et chanteur du groupe "Les chics types", qui fit à l'époque, révolue, quelques scènes sympathiques dans l'ouest parisien. Et la scène, ma bonne dame, quand on y a mis un jour le pied, ça vous reste vissé dans le crâne ! Alors voilà. Tout ceci mûrissait lentement parmi les synapses encombrés d'Olivier, entre deux séances d'enregistrement ou de réalisation des nombreuses productions qui font son quotidien. Restait cependant que même avec l'envie, même avec la musique, même avec un réel talent de compositeur, cela ne suffisait pas à pondre un album, ni même une chanson qui se tienne. Car il manquait toujours quelque chose, de certes accessoire, mais cependant indispensable : des mots. Et ça les mots, Olivier, c'est pas vraiment son truc. Les idées de mots, oui, et pas mal des chansons de l'album sont nées d'idées de mots qui lui étaient un jour passées entre les oreilles. Mais les mots qui font des phrases et des strophes et qui s'enchaînent et s'entraînent pour raconter une petite histoire en musique, ça c'était autre chose. Autre chose, qui requérait une intervention extérieure. En l'occurrence, celle de François, rédacteur publicitaire free-lance autobaptisé "tricoteur de mots", et sien ami, et même collaborateur occasionnel il y a quelques années pour la collection de magazines pour enfants "Le monde d'Henri Dès". |
Quand… C'est justement à l'occasion de cette collaboration au cours de l'année 2005 que naquit en l'esprit d'Olivier le dessein de proposer à François de faire office d'auteur et d'essayer de donner ensemble jour à une douzaine de chansons dans le but d'en faire un album. À la base, le projet était plus ou moins prévu sur environ un an, si possible un peu moins. Il en demandera le triple, et même beaucoup plus. Qu'importe ! Les compères n'étaient pas pressés. Peut-être est-ce même ce qui a permis de mener l'album à son terme : aucune contrainte, que de l'envie ! Envie de musiques, d'album et de scène du côté d'Olivier, on l'a dit. Mais on le répète, parce que ces envies là lui tiennent vraiment à cœur. Envie d'autre chose pour François. Autre chose que la pub et son cortège de raisonnements alambiqués, réunions à tiroirs, présentations interminables pour accoucher à chaque fois de quelques mots que personne ne lit et dont tout le monde se fiche. Alors écrire des textes de chanson ? Aubaine ! Joie ! Divertissement ! Se succèdent alors au rythme insoutenable de trois ou quatre journées l'année d'ardentes séances de travail débouchant chacune sur un voire deux ou parfois trois projets de chansons plus ou moins aboutis. Et miracle, à peine quatre ans plus tard, une galette, inespéré rejeton de ces saillies créatives à répétition. |
Comment… Comment naît une chanson ? Question indue et sans réponse définitive. Dans notre cas (puisque Olivier et François, c'est nous), principalement de bribes. Bribes de musique, d'abord. Une poignée de notes qui tournent depuis quelque temps entre les oreilles d'Olivier et qui finissent par lui ressortir par la bouche et par les doigts, l'animal ne produisant de sons identifiables au moyen d'aucun autre organe. Des bouts de phrases musicales, donc, souvent accompagnées d'un petit yaourt de paroles pour asseoir le rythme du chant. Bribes de mots ensuite. Parce que simplement sonnant à l'oreille et non-trébuchant en bouche, ou bien curieusement évocateurs d'ailleurs insoupçonnés… Un exemple ? Ulaan Baatar. Capitale de la Mongolie à l'orthographe multiple et la prononciation aléatoire. Tout de suite, des images, hâtivement vérifiées sur internet, de constructions post-staliniennes et de reliefs arides. Des évocations de bout du monde, de fuite vers le rien, d'envie d'oubli… Somme toute, de quoi griffonner quelques strophes. Et ainsi en fut-il fait. Bribes de textes, enfin. Lignes plus ou moins rimaillantes autrefois écrites et restées en jachère, soudain appelées à un nouveau destin, après décorticage et remoulinage à l'aune des exigences musicales, rythme, sonorités, diction et autres impératifs susceptibles de les rendre tout à la fois chantables et audibles. C'est donc peu ou prou ainsi que chacun des titres fut mis en chantier. Et chantier est le mot juste, car de l'idée première à la note finale, ce ne sont qu'essais, propositions, changements, réécriture, nouvelles propositions, nouveaux changements… jusqu'à la version zéro, enregistrée au débotté sur un coin de table de mixage en attendant un toilettage artistique ultérieur. Après, tout n'est plus qu'affaire de métier. Pour Olivier, s'entend. Car il faut bien reconnaître, que des deux, même si l'autre a fait son maximum pour paraître indispensable, c'est surtout lui qui a bossé. Mais bon, à la base, c'est son projet. Ce n'est donc finalement que justice. |
|---|